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 « Flashback : Le marié en fuite » feat. Joan

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Gillian Sheppard
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MessageSujet: « Flashback : Le marié en fuite » feat. Joan   Mer 11 Mai - 18:29


La fiancée enfermée dans un placard, le valet qui tient les rennes et la sœur jumelle sous le voile... Qu'est-ce qui pourrait bien mal tourner ?

C’était quoi cette manie de prendre des bains ? Un vrai homme, ça sent la sueur de son dur labeur ! Un véritable homme, ça a les mains calleuses et le visage plein de poussière pour montrer qu’il n’est pas un fainéant ! Après un an à fréquenter indirectement les hautes sphères de la société, Gillian doutait de la virilité de la plupart des mâles bien nantis de Sophistown. En excluant les soldats, il était prêt à parier que la moitié des gentlemans de la colonie n’avait jamais été confrontés à du sang ou à la mort alors que l’autre moitié tournerait probablement de l’œil si c’était le cas. Sur cette pensée, un petit sourire espiègle étira les lèvres charnues du blond. Ses doigts pianotèrent sur le rebord du bain et il admira les gouttelettes qui s’y accrochaient désespérément avant de tomber sur le sol. De la vapeur s’échappait de la baignoire où l’arnaqueur faisait trempette. Pour le jour de son mariage, il pouvait concevoir que ce n’était pas totalement exagéré que de se laver.  Il adossa donc sa tête sur le bord du meuble, lançant un regard neutre à ses habits qui l’attendaient sur le fauteuil dans le coin de la pièce. De la fourrure, une étoffe de grande qualité et des dorures… Sans doute ne porterait-il jamais plus ce genre de vêtements. Ou peut-être que si. Avec leur ingénieuse escroquerie, les jumeaux auraient de quoi vivre de manière prospère pendant quelques temps. Normalement, l’idée de s’unir à une seule et unique femme pour le restant de ses jours aurait littéralement fait paniquer le natif de Tapioca. Surtout si cette demoiselle avait un caractère aussi monstrueux que miss Levinson ! Cependant, puisqu'il s'agissait d'un subterfuge, il était relativement détendu. De toute façon, l'arnaqueur n’était pas enclin à la monogamie quand bien même Joan lui avait appris à bien traiter les femmes en général...

Parlant du loup, il entendit la poignée de la porte tourner et une longue chevelure blonde lui annonça l’arrivée de sa sœur dans la pièce. Instinctivement, il rapprocha précipitamment ses genoux vers son torse pour cacher sa nudité, créant des vagues qui firent déborder le bain. Il se redressa, de l’eau jusque sous les bras et le regard plein de reproches. « Ça va, t’es pas gênée ? » dit-il avec une pointe de malaise et d’agacement. Gillian n’était pas un pudique, mais en famille, c’était autre chose ! Du revers de la main, il tenta de l’arroser pour l’embêter et la faire reculer, son aspect grognon s’évapora rapidement quand il réussit à tremper le bout des chaussures de son clone féminin. « Passe-moi le peignoir derrière la porte. On doit discuter des derniers détails du plan avant qu’on m’amène devant la potence. » dit-il d’un ton lugubre en faisant référence à l’autel et à son improbable future épouse. Il attrapa le peignoir au vol et attendit que Joan soit de dos pour sortir du bain puis il enfila le vêtement. Ensuite, il s’approcha de sa complice et s’admira dans miroir de la commode juste à côté d’elle. Il passa sa paume sur son menton, caressant sa barbe d’à peine quelques centimètres et délicatement taillée. C’était presque un soulagement que de voir qu’il était encore capable de se faire pousser du poil au menton ! Il avait l’air d’un adolescent lorsqu’il se rasait et, finalement, même sa fiancée le préférait ainsi.  « J'ai tellement hâte de me tirer d’ici ! Le prochain qui me parle de jouer au cricket ou de prendre le thé, j'le noie dans l’eau de son bain ! » Son séjour à Sophitown lui faisait regretter le monde de la racaille dans lequel il vivait depuis sa naissance. Tout ici était plus superficiel et abstrait. Pendant des heures, on pouvait parler de chiffons et d’arts, mais pas une seule fois des véritables problèmes de l’époque actuelle. Pour illustrer son aversion pour les discussions mondaines, Gillian attrapa une de bouteille de parfum sur le meuble et l’amena près de son visage tel un marchand désireux d’attirer l’attention sur ses produits. « Effluves de roses printanières et jasmin des îles tropicales... » minauda-t-il avec un accent parodique du parfumeur français qu’il avait croisé chez les Levinsons. Il battit des paupières de manière innocente jusqu’à ce qu’une réaction de sa sœur lui fit craquer son imitation pour laisser place à un grand sourire amusé. Toutefois, cela ne l’empêcha pas d’asperger la blonde d’une bonne dose de parfum au passage !

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MessageSujet: Re: « Flashback : Le marié en fuite » feat. Joan   Jeu 19 Mai - 23:06


La fiancée enfermée dans un placard, le valet qui tient les rennes et la sœur jumelle sous le voile... Qu'est-ce qui pourrait bien mal tourner ?

« Tenez, vous ! Prenez donc ça, et allez le poser avec les autres ! »De justesse, elle rattrapa le lourd paquet emballé qu'on lui avait balancé grossièrement dans les mains.  « Hé mais ca va pas ! » elle répliqua rageusement avant de baisser la tête face à l'homme contrarié qui la dévisageait. C'était pas le moment de faire tout foirer ! L'insulaire de Tapioca remonta l'allée de l'église jusqu'à la sortie et descendit d'un pas pressé les quelques marches. Si elle avait été chez elle, elle lui aurait balancé une brique dans la face. « Il m'a prise pour la bonne lui ou quoi ! » maugréa-t-elle dans sa barbe tout en jetant presque le cadeau à l'endroit où tous les autres se trouvaient. En fait, c'était bel et bien le cas. Oui parce que c'était ca qu'elle était depuis presque un an ! Une bonne. Qu'on se rassure, il ne s'agit là que d'un acte volontaire -mais suicidaire, certes- de sa part, et d'une étape dans le plan qu'elle et son frère avaient établi. Un an de préparation et d'entourloupe, et les y voilà. Le jour J. Après avoir toujours vécu de leurs arnaques à Tapioca, les jumeaux avaient vu plus grand. Ils leur fallait penser à un coup magistral, la casse du siècle, quelque chose qui rendrait leur nom aussi doré que leurs poches. Ayant eu vent de l'installation d'une nouvelle famille noble à Sophiestown qui cherchait à marier sa fille, ils changèrent d'identité et se firent passer pour une gouvernante et un noble prétendant au mariage. Le caractère abominable de la vieille fille fut dur à supporter pour Joan et son frère mais, après maintes et maintes reprises, ils réussirent à mener leur plan à bien avec l'aide de Célestin, leur nouveau complice qui était dans son cas un véritable valet de la famille. Elle tomba amoureuse du faux amant, et le mariage fut programmé. Très vite, tout commença à s'organiser et plus vite encore, le moment fatidique arriva. Il ne leur allait désormais plus que s'armer de patience, et ils se volatiliseraient avec tout les cadeaux comme si ils n'avaient jamais existé.

Marchant le plus rapidement qu'elle pû, elle passa à travers tous les invités qui commençaient à se regrouper devant le lieu sacré, puis traversa une ou deux ruelles avec précaution pour rejoindre son frère qui était surement entrain de se préparer. Honnêtement, elle avait hâte que tout ceci se termine. Certes, au début c'était amusant. Mais devoir porter des robes trop serrées constamment et nettoyer le parquet, ce n'était pas pour elle. Le caractère brute de la blonde était resté trop longtemps sous clé et elle mourrait d'une envie irrésistible de faire payer à la vieille moche tout son manque de respect envers elle.

Elle tourna la poignée de la porte et rentra immédiatement sans gêne, sans prêter attention si son frère était habillé ou non. Et comme elle ne voyait que sa tête dépasser de la baignoire, cela semblait ne pas être le cas. Tout de suite, le grincheux lui fit une remarque quant à son entrée peu délicate. « Oh s'il-te-plait, comme si t'avais quelque chose à cacher ! » railla-t-elle avec un sourire moqueur. « Je venais pour te dire que la plupart des invités sont devant l'église à bavarder. J'en reviens. » Les mains sur les hanches, elle eut un mouvement de recul quand son frère arrosa ses jambes avec l'eau du bain, puis lui jeta le peignoir dessus d'un air grognon. De toute façon, ses chaussures censées être belles étaient pire qu'inconfortable ! Elle avait vraiment hâte de se débarrasser de ces robes qui grattent et de ces douches quotidiennes. Être femme de chambre, c'était vraiment pas pour elle !

« M'en parle pas, elle me donne envie de lui arracher les cheveux et de l'étrangler avec. Comme si elle pouvait pas se lever de son lit pour attraper la tasse à deux mètres d'elle. Non, faut qu'elle m'appelle alors que j'uis en bas à décrasser les casseroles. Et puis c'est quoi ça franchement, décrasser les casseroles ? » s'exclama-t-elle en regardant son frère dans le miroir. Certes, Joan n'aimait pas vivre dans la boue. Mais là, c'était carrément de l'exagération ! Quand elle cuisinait d'habitude, elle ne nettoyait pas ses plats pour s'en resservir ! Ca contient de la nourriture de toute façon, ya rien de sale là-dedans ! Enfin bon de toute façon, elle n'avait pas de casserole. C'était pour les riches tout ça ! Joan se mit à rire devant l'imitation snobe de son frère tout en balayant l'air devant son nez du revers de la main, manquant de s'étouffer. Quelle infection ! Puis pour rentrer dans son jeu s'empara d'une serviette qu'elle passa sur ses épaules à la manière des châles et écharpes qui laissaient apercevoir le bout d'épaule des dames civilisées. « Oh ciel Mônsieur Sullivan, je défaaaaaaille ! » La main sur le front, elle fit mine de tomber et s'appuya contre son frère avant de se moquer.« Sérieux, tu nous imagine en noble ? » A vrai dire, Gillian était vraiment beau pour son grand jour. Mais elle ne se faisait toujours pas à l'idée de le voir sans sa grosse barbe et avait hâte de retrouver son frère et ses puces. Il sentait bien trop le propre, s'en était dérangeant. Tandis qu'elle laissait son jumeau se préparer devant la glace, elle s'asseya sur le rebord du bain. « De quoi veux-tu parler ? Là-bas tout est prêt. Une fois la mariée à l'autel, Célestin nous attendra dehors sur la carriole pleine de cadeaux et nous pourrons partir enfin. » Elle se rapprocha de son frère dos à elle et l'enlaça en posant le menton sur son épaule. Croisant ses yeux à travers le miroir, un sourire satisfait s'afficha sur ses lèvres. « J'ai vu les paquets, y'en a plus que ce qu'on sait compter. On va être riches, mon frère ! »


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MessageSujet: Re: « Flashback : Le marié en fuite » feat. Joan   Mar 24 Mai - 1:56


La fiancée enfermée dans un placard, le valet qui tient les rennes et la sœur jumelle sous le voile... Qu'est-ce qui pourrait bien mal tourner ?

Guilderoy était un personnage difficile à jouer pour Gillian. Le riche marchant était cultivé, poli, élégant… Bref, tout le contraire du natif de Tapioca ! Élevé entre un dépotoir, des ruelles crasseuses et le bordel, le blond n’avait pas tellement ce talent inné pour les manières. Dieu seul sait comment il avait exaspéré le valet qui leur était venu en aide et qui avait fait en sorte de lui inculquer le jargon des riches ! Avec beaucoup de patience, son vocabulaire avait changé petit à petit, même sa posture s’était corrigée et il avait moins l’air d’un gorille voûté lorsqu’il marchait dans la rue. Il avait ce petit quelque chose de plus, trop bien pour les forbans et pas assez pour les nobles. Il était un peu comme une doublure de velours sur un sac de patates, ça pouvait être bien ridicule par moment ! Du moins, ce l’était pour ceux qui l’avaient connu comme le petit arnaqueur de l’île aux pirates. Les autres le croyaient simplement un peu excentrique. Malgré tout, il fallait reconnaître que Gillian possédait d’extraordinaires capacités d’adaptation ainsi que de comédien pour en être arrivé jusque-là. Le mariage de Monsieur Sullivan et de Miss Levinson était l’apogée du plan des jumeaux diaboliques. Un but qu’ils touchaient dans les prochaines heures avec une aisance presque miraculeuse si on se donnait la peine d’y penser. Pourtant, c’était toujours les mensonges les plus improbables qui semblaient les plus vrais. Pourquoi ? Parce que les gens manquent d’imagination et sont prêts à croire à ce qui les arrange. Pourquoi inventer une histoire farfelue si elle n’est pas vraie ? Les Sheppards, eux, répondent : pourquoi pas ?

Doucement, il reposa le flacon de parfum sur la commode après s’en être aspergé d’une petite dose. C’était la dernière fois qu’il avait à s’imposer cette odeur de femmelette ! Ensuite, en ricanant toujours, il assista à l’interprétation de Joan d’une demoiselle en détresse. « Riche ou pauvre, je reste le plus beau des deux ! Ce n’est pas pour rien que c’est moi le riche marchand et toi la bonne. » Il se moquait, encore et toujours. Il le fit comprendre par un clin d’œil malicieux à sa jumelle, histoire qu’elle ne lui lance pas trop vite une godasse à la tête. « Pour ce qu’on en sait, on est peut-être des nobles ! Les enfants perdus d’un roi... Que dis-je ? Un empereur ! » Le mystère de leur conception était de loin son secret préféré, car il était le plus mystérieux et le moins probable de tous leurs bobards. En réalité, Gillian se fichait bien d’avoir vu le jour sous un étalage de poisson, dans le fond d’une cale ou dans des draps de soie. Il aimait la personne qu’il était devenu et était tout à fait à l’aise dans ses imperfections. Sa vie était une série d’aventures rocambolesques et, même s’il perdait souvent bien plus qu’il ne gagnait, le parieur ne changerait son existence pour rien au monde. Pas même pour le titre de marchand allant épouser une riche héritière ! L’arnaqueur préférait de loin mettre les voiles vers un futur encore inconnu dès qu’il serait sorti de l’église en compagnie de son alter ego féminin.  « De toute façon, c’est déjà bien assez barbant de faire semblant alors en vrai… Beurk ! »

Avec ses mains, le futur marié essaya tant bien que mal de se coiffer, boudant la brosse devant la glace. Il avait l’impression que plus il se faisait beau, plus sa virilité était remise en question. Au moins, il ne faisait pas partie des hautes sphères de la Compagnie des Indes avec leurs perruques poudrées et leurs boucles soyeuses. Tout comme sa barbe de brute, il avait dû se couper les cheveux et abandonner ses tresses complexes qui cachaient la crasse d’une vie dans la poussière. Gillian ne se reconnaissait pas dans le miroir, ce reflet ne lui appartenait pas. Gilderoy n’était rien d’autre qu’une fantaisie de plus, tout comme le costume délicat qui l’attendait. Au moins, l’apparition de sa sœur dans le reflet le rassura, il n’était pas dans un horrible cauchemar, mais bien à fond dans une de leur machination. Il était grand temps que le blond quitte Sophistown, toute cette histoire commençait à brouiller sa vision du réel ! « J'ai vu les paquets, y'en a plus que ce qu'on sait compter. On va être riches, mon frère ! » Un sourire triomphal étira les lèvres de l’arnaqueur. Ils avaient travaillé dur sur ce coup, ce serait dommage qu’ils ne récoltent rien en retour. « Tu crois que Célestin va demander sa part ? Ou, pire encore, qu’il nous double ? Non non non ! Il a beaucoup trop le béguin pour toi pour nous trahir. Le pauvre, il a plus toute sa tête ! » rajouta-t-il avec une pointe de malice. En vérité, Gillian ne faisait confiance à personne hormis Joan. Il ne craignait pas l’avarice du valet, mais plutôt son courage limité. Et s’il reculait au dernier moment ? Lentement, le brigand s’éloigna de sa sœur et s’approcha de son habit pour la noce. Il caressa du bout des doigts la précieuse étoffe et dessina les motifs avec son index. « C’est drôlement doux… Tu vas t’acheter quoi en premier quand on aura les cadeaux ? » Gillian avait sa petite idée, mais il tendait la perche pour savoir si c’était toujours d’actualité. Cela faisait bientôt cinq ans qu’ils avaient quitté Tapioca et, pourtant, ils avaient toujours su qu’ils reverraient ses paysages un jour.

D’un pas traînant, le parieur compulsif mit les vêtements sous son coude avant de se diriger vers les paravents de l’autre côté du bain. Il retira le peignoir qu’il lança par-dessus les panneaux de bois sculptés et enfila la tenue tout en jurant lorsqu’il y resta prisonnier à cause des fioritures sur le tissu. Il boutonna la chemise, enfila le veston ouvragé, ajusta le col et les manches, mit le pantalon et boucla la ceinture puis, finalement, arrangea le foulard en soie à son cou. Quand il eut fini, on l’entendit soupirer d’exaspération. Certes, il avait fière allure et les vêtements étaient d’une grande beauté. Néanmoins, Gillian ne s’était jamais autant senti comme un imposteur qu'à cet instant. Il avait l'impression d'être parfaitement risible et grotesque, à l'image du parfumier dont il s'était moqué quelques minutes plus tôt. « Je parie que tu vas me trouver ridicule... Si tu ris, tu me dois une bouteille de rhum ! Attention, je sors. » déclara-t-il après avoir mis les bottes assorties et de s’être éloigné des paravents.

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MessageSujet: Re: « Flashback : Le marié en fuite » feat. Joan   Jeu 26 Mai - 19:45


La fiancée enfermée dans un placard, le valet qui tient les rennes et la sœur jumelle sous le voile... Qu'est-ce qui pourrait bien mal tourner ?


Quoi, Célestin ? « Il oserait jamais, c'est pas le genre qui réussirait son coup. Et puis de toute façon si il fait ca, on l'rattrape et on le fout dans le port ! » Déballa-t-elle rouge de honte pour se défendre de la pique de son frère, ne relevant volontairement pas l'allusion au béguin de Célestin. Il en pinçait pour elle elle le savait, mais Joan était bien loin de partager la même chose. Elle était très bien toute seule et puis de toute façon, il était bien trop frêle pour pouvoir la supporter. Malgré tout il semblait déterminé à vouloir l'aider et la demoiselle savait par conséquent que même sans lui faire complètement confiance, il ne tenterait pas quelque chose du genre. Après tout, il ne voudrait pas la rendre triste ! Tandis que son frère s'éloignait, elle continuait d'inspecter les divers produits de beauté. Elle en saisi un qu'elle examina avant de le vider parterre sans faire exprès, répendant ainsi une odeur forte et insupportable de thym dans la pièce. Elle reposa l'objet comme si de rien était et pressa le pas pour aller ouvrir la fenêtre.

« Tapioca me manque. Après toute cette histoire de bourgeois, ma seule envie c'est d'y retourner. Après tout même si on est inoubliables, on est trop mignons pour être impardonnables ! » dit-elle avec modestie. Elle faisait bien évidemment référence à toutes les horreurs que l'affreux duo avait fait subir aux forbans de l'Île depuis leur plus jeune âge, horreurs qui les ont poussé à partir un temps pour se faire oublier des crânes bourrés. Si ils avaient étendu leurs arnaques en Inde et même sur la nouvelle ville providentielle, Joan ne se sentait pas à sa place ici et elle savait que son frère éprouvait la même chose. Tapioca, c'était leur nid. C'était leur vie, et leur terrain de jeux, et c'était finalement l'endroit où ils étaient le plus libre de leur mouvement. « Tu te rappelle quand je t'avais parlé de la Taverne ? Ca serait bien de racheter un endroit aussi fréquenté. On pourra y boire, se bagarrer et tricher tout ca en même temps ! Et pas pour un sou ! » Accoudée contre le rebord de la fenêtre, Joan observait les civils qui déambulaient dans les rues avec droiture et distinction. Même le vent sentait l'hypocrisie. A Tapioca au moins, y avait pas tout ca ! Tout le monde se rentrait dedans ou se bousculait, et c'était plus drôle d'observer quelqu'un se faire voler à la tire plutôt qu'une guenon galerer à ouvrir son ombrelle. « La Taverne sera notre planque et on s'fera encore plus d'or ! » Le regard perdu à l'extérieur, elle fini par se retourner vers son frère. Cela faisait un petit moment qu'elle avait cette idée en tête à vrai dire. S'enrichir de l'alcool oui, mais il y avait un bon moyen de rendre la Taverne comme une Antre aux secrets. Vendre les rumeurs, et s'enrichir encore plus. Et mieux encore, vivre une vie de pirates !

Lorsque son clone masculin émergea de derrère le paravent, Joan se mordit la lèvre pour réprimer un rire mais ne fit que le rendre un peu plus explosif. « BOUAHAHA ! » tenant son ventre d'une main et le pointant du doigt de l'autre, elle s'esclaffa gracieusement. « Vu le spectacle que tu m'offres, jt'en donne même deux ! » Son frère avait désormais la silhouette parfaite du prétendant amoureux et fleur bleue. Un vrai noble tel qu'on en faisait plus ! Il était vraiment parfait pour le rôle. Et dénué de toute virilité, aussi. « Toi, tu ferais mieux de t'acheter une nouvelle barbe ! »

Bref, les voilà fin prêts. Joan elle, possédait déjà sa tenue pour le mariage. En tant que bonne, elle ne portait rien d'extravagant puisque la vielle hyène avait tenu à ce que les employés et les invités de bonne fortune ne se mélangent pas. C'était simplement une robe bleue de tout ce qu'il y avait de plus ordinaire, cette-fois-ci sans tablier. « Attends. » Elle s'approcha de son jumeau en souriant et sorti de sa poche un dé vert qu'elle glissa dans la sienne. « Tu l'as fait tombé l'autre jour en draguant ta chérie dans le jardin ! Tu comptais faire quoi sans ton porte-bonheur ? » Porte-bonheur, en effet. Il y de cela des années que les jumeaux possédaient cette paire de dé. Bien évidement, ils avaient une collection impressionnante de dés truqués mais ceux-ci se démarquaient à leurs yeux de part leur couleur émeraude et leur fabrication en os de baleine. C'était leur paire porte chance, et ils en gardaient toujours chacun un en leur  possession. « On ferait mieux de se dépêcher. Faudrait pas que tu rates ton propre mariage ! Et j'veux rater ca pour rien au monde non plus ! » C'était le moment. Joan devait encore rejoindre la future "Lady Sullivan" qui attendait surement dans sa chambre qu'on vienne la préparer. Pas foutue d'enfiler une robe toute seule celle-là ! Il ne fallait pas qu'elle soit en retard parce qu'elle ne voulait surtout pas la mettre en rogne. Une femme qui allait se marier, c'était presque comme les femmes enceintes ! Toujours à se plaindre et à stresser pour rien ! Pfiou... Heureusement qu'elle n'aurait jamais à faire l'un des deux. Quelle horreur !



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MessageSujet: Re: « Flashback : Le marié en fuite » feat. Joan   Jeu 23 Juin - 21:02


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Frous-frous, fanfreluches, rubans et taffetas étaient des mots qui sonnaient faux aux oreilles de l'arnaqueur. Cela ressemblait à un charabia d’enfant pour nommer des bouts de tissus qui n’avaient pas plus de sens. Pourtant, toutes ces fioritures étaient bien réelles et même qu’il en portait une certaine quantité à l’instant même. Avec un sourire mal assuré, le blond alla se planter devant la glace à nouveau, levant un sourcil avec surprise. Il posa ses poings sur ses hanches et pivota tout en s’admirant de haut en bas. Il fit la grimace. Ce ne pouvait qu’être une blague et, par chance, c’en était bien une ! « Ça tombe bien. Je suis beaucoup trop sobre pour faire ça… » dit-il à sa sœur qui s'esclaffait avec cœur et qui lui devait maintenant deux bouteilles. Pour s’assurer du côté pratique de sa tenue, Gillian leva les bras et fit mine de s’étirer. « Bah quoi ? S'il faut se barrer en vitesse, faudrait pas que c’te costume de clown m’empêche de bouger. » Le bas était un peu serré, mais il pourrait se débrouiller en cas de besoin. Il se fichait bien de froisser ou de déchirer les vêtements, une fois qu’ils auraient mis les voiles vers Tapioca, l’arnaqueur se promit de les jeter en plein océan. Quoique, ça devait valoir son pesant d’or un tissu de cette qualité… En vérité, si l’imposteur écoutait ses instincts profonds, il aurait déjà pris la fuite il y a belle lurette ! Rien que l’idée d’épouser et de supporter la même personne pour le restant de ses jours, ça lui donnait des frissons d’horreur. Surtout que dans ce cas-ci, le blond était loin d’y gagner aux changes vu le caractère de sa fiancée.

Son regard perçant se posa alors sur l’objet que sa jumelle lui tendit. Il sourit lorsque le petit cube vert tomba dans le creux de sa paume. « Merci. » Normalement, l’imposteur n’était pas du genre à dire "s’il vous plait'' ou ''merci" et encore moins à s’excuser. Il laissait tous ces mots vides à Gilderoy, mais avec Joan c’était différent. Joan c’était son autre moitié, la seule qui pouvait le frapper lorsqu’il faisait l’idiot et qui ne risquait pas de se prendre le mobilier dans la gueule ensuite. Il cacha le porte-bonheur dans sa manche, comme il le faisait toujours avec les as et les dés truqués. Gillian prit une grande inspiration, puis acquiesça d’un signe de tête. « Je suis prêt à me sacrifier au nom de la plus belle cause qui soit : la nôtre. » déclara-t-il solennellement en se bombant le torse, prêt à affronter n’importe quoi, même un rassemblement du gratin de Sohistown. Sa future femme ? Un peu moins prêt. « Fais-toi discrète en sortant, il ne faudrait pas qu’on croit qu’il se passe quelque chose entre le futur marié et la femme de chambre. On se rejoint plus tard lors du grand final... » rajouta-t-il en la raccompagnant jusqu’à la porte, fébrile de mettre enfin un terme à cette grotesque comédie. Il s’était bien amusé sous les traits du riche marchand, mais il était grand temps qu’il rentre à la maison et qu’il redevienne cette adorable brute épaisse qu’il était vraiment.

Une fois seul, la confiance de Gillian faiblit un peu. Sa motivation restait bien vivante néanmoins et l’idée qu’ils seraient bientôt riches comme Crésus lui redonna des forces. Pour ne pas éveiller des soupçons à propos d'un lien entre Joan et lui, le blond attendit quelques minutes dans la pièce avant de se mettre en route. Il en profita pour fouiller la salle à la recherche d’une carafe de vin ou d’un petit quelque chose qui saurait lui rendre le sourire. Cependant, hormis du parfum, l’escroc ne trouva rien qui était susceptible de lui brouiller les sens le temps de la cérémonie. De plus, les chandeliers en argent de la pièce ne rentraient pas dans les poches de ses habits nuptiaux. Grincheux, le fiancé se décida à prendre le chemin de l’église. Sur la route, il croisa des invités qui ne manquèrent pas de le féliciter pour ses épousailles. Malgré tout, on pouvait bien sentir une pointe de compassion et de moquerie dans la plupart des commentaires. À croire qu’il n’y avait pas que la belle-famille qui avait perdu espoir de voir la vieille fille de Sophistown se faire passer la bague au doigt ! Parlant des Levinsons, le patriarche accueillit Guilderoy à la porte du lieu saint et le conduisit dans une antichambre pour discuter loin des invités. Avec une accolade chaleureuse, il le remercia pour la millième fois de rendre sa fille aussi heureuse et patati et patata… L’imposteur ne l’écoutait déjà plus, car il remarqua une forme brillante sous le veston du père de la mariée. Interceptant son regard, l’homme sortit sa flasque de son habit et lui tendit. « Ne le dites pas à ma femme, mais tous ces préparatifs me stressent au plus haut point ! Et ce n’est même pas moi qui me marie ! » Le blond fit mine de trouver cette farce très drôle, réalisant que sa propre nervosité commençait à pointer le bout de son nez. Il attrapa le flacon et en but une longue gorgée… Et une autre… Et une autre, puis s’essuya la bouche avec le dessus de sa main et rendit la flasque complètement vide. « Voilà, il n’y a plus de traces de vos méfaits, Monsieur Levinson ! » dit-il sur ton amusé. Gillian donna deux tapes amicales dans le dos du patriarche avant de s’éclipser, ne réalisant pas que sa force avait faillit faire tomber le vieil homme.

Le cœur du sanctuaire avait été décoré de fleurs et de banderoles blanches pour l’occasion. Le brouhaha des voix des invités faisait écho sur les murs de pierre au point où ça en était étourdissant. Doucement, les gens se turent alors que le musicien pris place devant le grand orgue. Il se mit à jouer quelques notes pour encourager les spectateurs à prendre leur place. L’église était remplie pour l’occasion et, s’il n’avait été d’une pensée pour le grand nombre de cadeaux de mariage, Gillian aurait été figé d’horreur au moment de descendre l’allée. D’un pas lent et mesuré, il observait les curieux venus assister à la noce. Il lorgna sur les décolletés des dames, se mordit la lèvre pour ne pas rire devant les toilettes exubérantes et eut presque de la peine pour la mère de la mariée qui était déjà en pleurs à l’idée de perdre sa fille chérie. Ou alors elle était très heureuse de s’en débarrasser ? Dans tous les cas, on pouvait l’entendre distinctement se moucher dans le tissu de poche qu’un gentleman lui avait tendu avec regret. Une fois devant l’autel, Gilderoy réalisa qu’il avait cessé de respirer et s’autorisa à remplir ses poumons d’air dans un grand soupir. Il salua le pasteur d’un signe de tête, mais ce dernier de répondit pas, trop occupé à répéter et à marmonner les textes sacrés choisis pour l’occasion. Soudain, l’organiste changea de rythme et enchaîna sur la marche nuptiale. Le sang de Gillian ne fit qu’un tour alors qu’il se retourna comme tous les autres pour voir apparaître les demoiselles d’honneurs, les petits pages, les bouquetières et, pour finir, la silhouette fantomatique de la mariée dans sa longue robe blanche. Il ne pouvait plus reculer. C’était maintenant l’heure de vérité !


₪ Gillian & Joan ₪
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Joan Sheppard
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₪ BOUTEILLES À LA MER :
104
₪ PERSONNALITE UTILISEE :
Katheryn Winnick
₪ PORT D'ANCRAGE :
Tapioca
₪ STATUT SOCIAL :
Tavernière de l'Île, commercante des secrets d'Ivrognes et des rumeurs inventées.
₪ PHRASE FETICHE :
Psst, un secret contre une pièce ?
MessageSujet: Re: « Flashback : Le marié en fuite » feat. Joan   Mar 19 Juil - 20:49


La fiancée enfermée dans un placard, le valet qui tient les rennes et la sœur jumelle sous le voile... Qu'est-ce qui pourrait bien mal tourner ?


D'un mouvement de tête, elle acquiesca les paroles de son frère et quitta la pièce en le laissant seul pour les derniers préparatifs. Comme si de rien était, elle déambula tête basse dans les longs couloirs jusqu'à rejoindre la chambre où se préparait la pauvre entubée. « Alors, prête à sauter le pas ? »  Déclara-t-elle en ouvrant la porte. La demoiselle Levinson se tenait déjà dans sa robe, assise devant un grand miroir, attendant impatiemment qu'on vienne la coiffer. Sans se faire prier, l'arnaqueuse pris place derrière elle et ménagea de lui déméler les cheveux . Sous les traits crispés de la brune, elle prenait plaisir à tirer un peu trop fort avec sa brosse pour l'énerver et se concentra à attacher ses mèches de manière à ce que cela ressemble un minimum à quelque chose. A travers le miroir elle lui lanca de faux sourires remplis de sournoiserie et de compliments en pensant déjà à la pile de cadeaux qui l'attendait. « Mais... n'est-ce pas le parfum de Gilderoy ? » La mine crispée, la vieille fille huma l'air comme un limier boiteux et se retourna doucement vers la source de l'odeur, c'est à dire l'Orpheline. Elle n'eut pas le temps de rajouter autre chose que la fiancée se leva de sa chaise telle une furie et se jetta sur elle en hurlant. « COMMENT OSEZ-VOUS ! J'AURAIS DU M'EN DOUTER ! » hurla-t-elle. Ecrasée sur le sol par une mariée en furie, Joan était trop surprise pour lui hurler dessus. « KEUWAH ??? »  Elle protégea son visage des coups avec ses bras, et réussi à rouler sur le côté pour se retrouver au-dessus d'elle à lui arracher les cheveux de la tête. Evidemment qu'elle avait le parfum de Gillian, il l'avait aspergée !

Comme l'apparition divine d'une bouteille de rhum lorsqu'on croyait sa réserve vide, Célestin débarqua à pic dans la pièce et l’assomma avec un pot de fleur. Les yeux écarquillé par la fureur du combat, Joan ne réagit pas immédiatement. Oh non, oh non non non  ! Il lui avait sauvé la vie oui c'était bien, mais comment y allait-il avoir un mariage sans mariée ?  Figée par la peur de voir son plan échouer, elle eut soudainement une idée et se releva les cheveux ébouriffés. « Aide-moi. »  Avec l'ancien valet, ils déshabillèrent la fiancée sans gênes et la saucissonèrent  comme un gros roti avant de la planquer dans l'armoire. Les vêtements des deux femmes échangés, Joan se regarda dans le miroir. La voilà vêtue d'une horriblissime robe de mariée. Ne tenant pas compte de Célestin, elle lui demanda de retourner au Carosse, là où était son rôle dans l'histoire. Bon. A défaut d'être brune comme la mariée, ca pouvait marcher. Ca devait marcher ! Elle attacha sa crinière en l'air et placa délicatement sur sa tête, l'énorme et long voile qui la recouvrait comme un lampadaire. Là, ils ne verraient rien.

C'est complètement paniquée qu'elle sorti de la pièce, raide comme un palmier. Elle traversa  le batiment puis la rue incognito jusqu'aux portes de l'église où l'ont entendait déjà les gens s'impatienter de voir la magnifique future mariée. A l'extérieur, les demoiselles d'honneur l'accueillirent chaleureusement et Joan se contenta de leur faire signe de la main. Mr. Levinson arriva alors et lui donna son bouquet de fleur avant de lui attraper le bras pour l'accompagner pour la traversée de l'allée. « Tu es très belle ma chère enfant. » L'arnaqueuse déglutit sous son voile et pressa le pas au lieu de répondre. Les portes s'ouvrirent enfin et les notes de la marche nuptiale se mirent à retentirent tandis que les demoiselles d'honneur donnèrent le pas, suivi de la fausse mariée. A travers le tissu sur ses yeux, elle pouvait apercevoir la grandeur des lieux, les décorations fleuries et blanches, ainsi que tous les yeux rivés sur elle. Dont ceux de Gillian. Malgré la peur, elle se retint d'éclater de rire à l'idée de voir sa réaction.

Elle avait envie de crever. Elle marcha à pas lents jusqu'à l'autel où elle rejoignit son frère et le prêtre, en passant devant la famille et les amis des Levinsons qui étaient vêtus d'accoutrements particuliers. Eh bien, la voilà en plein dans un noyau ridicule ! La musique s'arrêta soudainement. Joan détailla le prêtre de haut en bas, et se demanda un instant comment c'était possible de rennoncer à l'alcool, au sexe et aux coups-bas. Cet homme là devait vraiment avoir une vie ennuyeuse ! Elle tourna ensuite la tête vers son jumeau, dégouté à l'idée de devoir passer la bague au doigt de sa fiancée. Un sourire narquois et ayant totalement oublié le négatif et le risque de la situation, Joan décida de lui signaler sa présence par un murmure discret. « Comme on se retrouve ! »  Face à l'air supris du frangin, elle décida de rajouter une brêve explication afin de ne pas se faire reconnaitre des autres par sa voix. « Je suis désolée. J'ai pas eu le choix. »  C'était soit ça, soit se faire étrangler par une harpie mythologique. Elle se retourna dos à l'audiance, totalement rentrée dans son rôle d'épouse lampadaire. Et le prêtre se racla la gorge.  Fallait vraiment pas que ça loupe.


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